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Immigration-asile-gouvernement-Russie-Tchétchénie-Somalie
Le gouvernement impose des "visas anti-réfugiés" tchétchènes et somaliens, dénonce l'Anafé



PARIS, 4 fév 2008 (AFP) - L'Association nationale d'assistance aux frontières pour les étrangers (Anafé) a dénoncé lundi une volonté du gouvernement d'étendre aux Tchétchènes et Somaliens l'obligation des visas de transit aéroportuaire (VTA), qualifiés par l'association de "visas anti-réfugiés".
L'association estime que le gouvernement applique une "froide stratégie depuis plusieurs années", consistant à "stopper les départs d'exilés en leur imposant ce visa de transit pour tout voyage nécessitant une escale dans un aéroport français".
Elle rappelle que le VTA est "extrêmement difficile à obtenir" et "a pour effet d'empêcher l'embarquement sur des vols internationaux de personnes qui seraient tentées de demander l'asile au cours d'un arrêt en France".
L'Anafé indique qu'un premier arrêté publié le 24 janvier impose désormais le VTA aux titulaires de passeport djiboutien et assure qu'il "s'agit en réalité de réprimer les flux de réfugiés somaliens, ces derniers voyageant souvent sous couvert de documents de cet Etat".
"Pour les demandeurs d'asile tchétchènes l'exercice était plus difficile, ceux-ci pouvant difficilement être distingués des ressortissants de Monsieur Poutine avec lequel la France souhaite maintenir de chaleureuses relations diplomatiques et économiques", relève l'Anafé.
Mais, selon l'association, le gouvernement français est parvenu à un "tour de passe-passe" en publiant un nouvel arrêté interministériel le 2 février imposant le VTA aux seuls "Russes provenant d'un aéroport d'Ukraine, de Biélorussie, Moldavie, Turquie, ou d'Egypte", les pays par lesquels partent les Tchétchènes. Elle accuse Paris "d'imposer un filtre ethnique à la frontière, empêchant les flux de quelques centaines de réfugiés tchétchènes".
Pour l'Anafé, cette politique est "bien loin des discours humanitaires et de l'accueil des opprimés". "L'Etat français préfère les réfugiés lorsqu'ils sont le plus loin possibles de son territoire, même dans des régions où leur sécurité est menacée", écrit-elle.
De 1995 à début février 2008, la France a soumis 34 nationalités au VTA.
il/ed/def

Sophie LAUTIER
Agence France-Presse
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