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Journal l'Humanité
Rubrique Société
Article paru dans l'édition du 30 septembre 2006.
Getu Hagos, victime du « pliage »Justice . Trois policiers ont comparu jeudi pour la mort d’un ressortissant éthiopien lors de son expulsion.
Getu Hagos a-t-il été victime d’un « geste technique professionnel d’intervention » ? C’est en tout cas la thèse défendue par les trois agents de la police aux frontières (PAF) qui comparaissaient jeudi, devant le tribunal correctionnel de Bobigny (Seine-Saint-Denis), pour « homicide involontaire ».
Les faits remontent au 16 janvier 2003. Ce soir-là, Axel Dallier, chef d’escorte, Merwan Khelladi et David Tarbouriech, âgés de vingt-six à trente-deux ans, sont chargés de réembarquer, à destination de Johannesbourg, un ressortissant éthiopien de vingt-trois ans, Getu Hagos, dont la demande d’asile politique vient d’être refusée. Dans l’avion, le « déporté accompagné » - c’est ainsi qu’on les appelle en langage administratif - se débat, hurle qu’il ne veut pas rentrer et « préfère mourir ici ». Pour le maintenir de force sur son siège, les trois pandores recourent alors à la technique dite du « pliage », enseignée à l’école de police, mais interdite depuis ce drame : on fait pression avec son tibia sur le haut des cuisses et on oblige à plier les hanches en appuyant avec le poids de son corps sur le dos.
Axel Dallier s’y emploie pendant une vingtaine de minutes. Jusqu’à ce que Getu Hagos s’affaisse, inconscient. Il décédera quelques heures plus tard. « Je n’ai fait qu’appliquer les consignes, se justifie à la barre Dallier. On n’avait aucune formation. » Jugement le 23 novembre.
Laurent Mouloud
Page imprimée sur http://www.humanite.fr
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