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Des associations protestent contre les projets de «vols groupés» d'expulsés

AFP - 28 février 2003


Les associations de soutien aux immigrés ont écrit vendredi au ministre de l'intérieur pour protester contre «le
projet d'organiser des vols groupés, autrement dit des charters, pour désengorger» la zone d'attente de Roissy, ont-elles annoncé dans un communiqué.

Regroupant 21 associations, l'ANAFE (Association nationale d'assistance aux frontières pour les étrangers) avait déjà protesté contre l'aggravation de la situation dans la zone d'attente de Roissy, où transitent la grande majorité des étrangers en situation irrégulière avant leur expulsion.

400 à 500 étrangers sont actuellement en zone d'attente, dans des conditions d'hébergement non décentes, dit l'ANAFE. «Il semblerait qu'une des solutions envisagées pour désengorger cette zone soit l'organisation de vols groupés», affirme l'association.

Le décès de deux étrangers, un Argentin et un Somalien, lors de leur procédure d'expulsion à bord d'avions d'Air France, les 30 décembre et 16 janvier, sont à l'origine, selon Claire Rodier, de la Cimade, d'une diminution des renvois forcés.

«Quand les gens refusent l'embarquement, la consigne est de les ramener en zone d'attente, d'où un nombre croissant de maintenus», dit-elle.

Selon elle, le ministère de l'intérieur, interrogé par la Cimade, «n'aurait pas démenti l'idée de recourir aux vols groupés, notamment d'Africains, hors Côte d'Ivoire". Les vols groupés «peuvent avoir pour conséquence, estiment les associations, la recherche abusive d'étrangers «à refouler afin de rentabiliser le vol».
Nicolas Sarkozy s'était prononcé en juillet pour une attitude plus ferme envers les étrangers illégaux visés par une reconduite à a frontière, et avait préconisé des reconduites «groupées».

La réponse de la DGPN


"Retours groupés" prévus sur vols commerciaux ou spéciaux, selon la police

Des "retours groupés" d'étrangers en situation irrégulière sont prévus au départ de l'aéroport de Roissy-Charles de Gaulle, "sur des vols commerciaux ou spéciaux", en fonction des pressions migratoires, a-t-on appris vendredi auprès de la Direction générale de la police nationale (DGPN).

Des "retours groupés" sur un vol spécialement affrété pour la circonstance devrait partir lundi de Roissy vers une destination africaine non précisée, a-t-on appris par ailleurs de sources aéroportuaires.

"II y a une très forte pression migratoire en ce moment, en majorité des Africains et des Chinois. On compte jusqu'à 70 arrivées par jour d'étrangers en situation irrégulière à Roissy. Conséquence, il y a aujourd'hui (vendredi, ndlr) 427 personnes en zone d'attente à Roissy (pour 294 places, ndlr), dont 27 mineurs gardés à l'écart", précise-t-on à la DGPN, où l'on souligne "une situation qui dépasse le seuil du tolérable".

Un "retour groupé" a déjà eu lieu mercredi : 15 Chinois non admis ont été reconduits en Chine, escortés par 30 agents de la Police aux frontières (PAF), sur un vol commercial, selon la même source.

"On est en train de réfléchir à d'autres retours groupés, sur des vols commerciaux ou spéciaux. Les vols spéciaux permettent de meilleures conditions humanitaires, une meilleure sécurité et des économies substantielles. Ce sera en fonction des pressions migratoires", explique-t-on à la DGPN.