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nationale d'assistance aux frontières pour les étrangers
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Communiqué
Accès en zone d'attente
Le
Conseil d’Etat donne une nouvelle fois raison aux associations
27 février 2006
Dans
plusieurs décisions rendues en décembre 2005, le Conseil
a censuré les refus du ministère de l’Intérieur
d’habiliter plusieurs associations à effectuer des visites
dans les zones d’attente.
L’accès
des associations dans les zones d’attentes qu’elles considèrent
depuis leur invention comme « zone de non-droit » est une
des principales revendications de l’Anafé depuis sa création
en 1989. En effet, cet accès est fondamental car il permet de
rencontrer les étrangers maintenus et de témoigner des
observations faites sur le terrain, de son évolution et des nombreux
dysfonctionnements. Ces visites permettent de dialoguer avec les représentants
des divers services présents (PAF, OFPRA, Croix-Rouge Française,
ANAEM, service médical).
Une
étape a été effectuée à la suite
de la publication du décret du 2 mai 1995 déterminant
les conditions d'accès du délégué du Haut-Commissariat
des Nations Unies pour les réfugiés et de certaines associations
humanitaires. Actuellement, les associations habilitées sont
au nombre de huit : Amnesty international Section Française,
Anafé, Cimade, Forum réfugiés, France Terre d’asile
et MRAP mais aussi la Croix-rouge française et Médecins
sans frontières, deux associations non membres de l’Anafé.
Ce
décret encadrait fortement ces visites et prévoyait notamment
que chaque association disposait de seulement dix cartes et effectuer
au plus huit visites par an et par zone d'attente. Limitées à
deux visiteurs, le décret prévoyait également des
horaires de visite (entre 8h et 20h), et l’obligation de solliciter
une autorisation préalable du ministère de l'Intérieur.
Cet
accès était insatisfaisant parce que restreint à
un nombre limité d’associations. De nouvelles associations
ont à leur tour posé leurs candidatures (l'Association
des personnels de santé réfugiés - APSR, le Groupe
accueil et solidarité - GAS, le Gisti, la Ligue des droits de
l'homme et Médecins du Monde). Ces demandes ont été
formulées il y a plusieurs années.
Le
ministère de l'Intérieur a systématiquement et
de façon récurrente refusé toute nouvelle habilitation
en faisant état du nombre considéré comme «
trop important » des associations déjà habilitées.
Pourtant cette justification a déjà été
rejetée à de plusieurs reprises par le Conseil d’Etat.
A
l’audience, la commissaire du gouvernement avait exprimé
l’agacement de la haute juridiction administrative face à
l’attitude du ministère de l’intérieur qui
s’est toujours borné à n’exposer que ce seul
argument.
Une
fois de plus, le Conseil d’Etat a donné raison aux associations
requérantes dans une série d’arrêts rendus
au mois de décembre 2005. Pour cela, il a privilégié
le critère qualitatif, celui de leur notoriété
nationale, et souligné que la loi ne fixait aucun nombre «
seuil » d’associations à habiliter.
Il
faut noter que, sans doute anticipant sur ce nouveau revers contentieux,
le gouvernement a modifié le 30 mai 2005 le décret du
2 mai 1995. Procédant à la suppression de L’article
9 qui prévoyait un nombre limité de visites, il a introduit
une nouvelle disposition précisant que « Tout refus d'habilitation
doit être motivé au regard notamment du nombre d'associations
déjà habilitées ».
Tout
récemment, les associations concernées par ces décisions
ont adressé une nouvelle demande d’habilitation au ministre
de l’intérieur, espèrant que celui-ci tiendra compte
de l’injonction assortie d’une astreinte qui a été
prononcée par le Conseil d’Etat.
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