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nationale d'assistance aux frontières pour les étrangers
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Communiqué
La
France ne veut plus des réfugiés cubains
Mercredi
8 février 2006
En
marge de la préparation de son nouveau projet de loi visant à
nouveau à renforcer le contrôle de l’immigration,
le ministre de l’Intérieur décide d’autres
mesures plus discrètes comme l’arrêté du 12
janvier 2006 visant à porter un coup d’arrêt à
l’arrivée des Cubains aux frontières françaises.
Pourtant, en 2005, le même ministère avait été
convaincu de la réalité des persécutions subies
par les demandeurs d’asile de ce pays. Les conditions politiques
à Cuba avaient en effet poussé un certain nombre de personnes
à fuir et à chercher protection en France et la majorité
d’entres elles avaient été admises sur le territoire.
Il est regrettable qu’en 2006, le choix soit fait de contourner
le principe de protection des réfugiés consacré
par la convention de Genève de 1951 afin de mieux contrôler
l’arrivée des demandeurs d’asile cubains.
L’arrêté du 12 janvier prévoit en effet d’imposer
aux Cubains un visa de transit aéroportuaire, un document déjà
réclamé pour de nombreuses autres nationalités
et indispensable pour effectuer une correspondance dans une zone internationale
d’un aéroport. Difficile à obtenir, il ne permet
plus aux passagers de voyager sans son obtention préalable. Cette
mesure vise à instaurer un véritable contrôle en
amont empêchant de nombreuses personnes de quitter un pays dans
lequel elles peuvent craindre pour leur vie.
La France est, parmi les pays européens, la plus friande du visa
de transit aéroportuaire. Avec Cuba, les pays dont la France
a soumis les ressortissants à l’obligation de ce visa sont
au nombre de 30, contre 8 pour l’Allemagne, 1 pour l’Italie
ou encore 9 pour l’Espagne.
La volonté du gouvernement français ne fait pas de doute.
Il s’agit de favoriser le contrôle des flux migratoires
au détriment de la protection et de l’accueil des étrangers
et en particulier des demandeurs d’asile.
La multiplication de mesures prises, au cours des dernières années,
pour limiter les arrivées aux frontières et l’accès
au territoire renforce gravement cette tendance.
L’Anafé recense de nombreuses dispositions comme :
-la mise en place d’officiers de liaison européens. Ils
sont chargés d’opérer des contrôles en France,
-les sanctions aux transporteurs qui acheminent des étrangers
soupçonnés d’immigrer illégalement,
-la généralisation des « contrôles en porte
d’avion » permettant de diminuer le nombre d’étrangers
qui ne pourraient être éloignés si leur provenance
était inconnue,
-l’interprétation abusive de la notion de demande d’asile
manifestement infondée qui se traduit par un taux d’admission
sur le territoire « au titre de l’asile » très
faible,
-la multiplication des procédures pénales à l’encontre
des étrangers, et notamment des demandeurs d’asile, ayant
refusé d’embarquer,
-les charters ont été utilisés pour la première
fois en France en 2003 sans droit à un véritable examen
de la situation des étrangers refoulés et sans recours
suspensif en cas de rejet.
Comme
en 2003 lorsque les Ivoiriens fuyant la guerre civile arrivaient pour
demander l’asile en France, la porte se ferme aujourd’hui
pour les réfugiés cubains. |