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défenseurs des enfants
COMMUNIQUE DE LA DEFENSEURE DES ENFANTS
le 11 janvier 2005
Alertée de la situation de plusieurs mineurs étrangers
isolés retenus dans la zone d’attente de l’aéroport
de Roissy, la Défenseure des Enfants, Claire Brisset, s’est
rendue sur les lieux le mardi 11 janvier 2005. Elle a visité
«la zone d’attente Zapi3» et s’est entretenue
avec des représentants des forces de police ainsi qu’avec
des adultes et des mineurs retenus.
En ce qui concerne la situation des mineurs étrangers isolés
non admis sur le territoire et dont elle avait été précédemment
saisie, figurent en particulier:
*Une adolescente congolaise de 14 ans, arrivée en France depuis
plusieurs jours de Kinshasa via Addis-Abeba et Canton avait déjà
été renvoyée à Canton d’où
elle était revenue à Paris. Le 11 janvier au matin la
jeune fille a été rembarquée dans un vol direct
pour le Congo-Kinshasa.
*Un garçon camerounais de 10 ans arrivé en France accompagné
d’un adulte se présentant comme son père mais dont
le lien de parenté n’a pu être prouvé, a été
renvoyé le 9 janvier au Cameroun.
*Une enfant centrafricaine âgée d’un an, orpheline
sans papiers, arrivée en France avec sa tante, elle-même
vivant en situation régulière en France, a été
retenue plusieurs jours dans la zone d’attente. Elle devrait être
admise sous peu sur le territoire à titre humanitaire.
*Une petite fille de 4 ans originaire de Centrafrique et arrivée
via le Cameroun avec un homme se présentant comme son père
et détenteur d’un passeport que les autorités françaises
considèrent comme falsifié, a été renvoyée
le 9 janvier en Centrafrique. Les services administratifs locaux devraient
l’accueillir, ont assuré les policiers français.
*Un adolescent congolais de 14 ans arrivé le 5 janvier afin de
rejoindre sa mère et son frère qui avaient fui leur pays
du fait de guerre, et vivent en situation régulière en
France, n’avait pu pénétrer sur le territoire puisqu’il
était venu hors de toute procédure de regroupement familial.
Présenté au tribunal de Bobigny le 10 janvier, il a été
admis en France. Sa demande d’asile est toujours en cours d’examen.
*Un adolescent sierra léonais de 14 ans, sans aucune famille
ni en France ni, dit-il, dans son pays d’origine, reste retenu.
Sa situation qui est actuellement en cours d’examen demeure préoccupante.
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A l’issue de cette visite, la Défenseure des Enfants rappelle
que malgré l’amélioration incontestable des conditions
d’hébergement et de prise en charge sanitaire à
l’intérieur des locaux de la zone d’attente de l’aéroport
de Roissy ainsi que le recours à un administrateur ad hoc, les
problèmes essentiels des mineurs étrangers isolés
demeurent. Un principe fondamental continue à s’imposer:
la place des mineurs étrangers isolés n’est pas
dans une zone d’attente et leur accueil devrait relever des instances
judiciaires et départementales de protection de l’enfance
(juge des enfants et Aide sociale à l’enfance).
Ces mineurs se trouvent en effet particulièrement exposés,
du fait de leur âge et de leur isolement, à différents
dangers:
-les conditions d’hébergement (pour les jeunes de plus
de 14 ans) dans les mêmes locaux que les adultes où ils
peuvent être exposés à la promiscuité malgré
les efforts manifestes des forces de l’ordre et des associations
présentes sur place.
-le danger d’être renvoyés vers les pays par lesquels
ils ont transité, la convention de Chicago mettant à la
charge de la compagnie aérienne utilisée par le mineur
le retour de celui-ci dans son pays d’origine en utilisant le
même circuit de transit. Ceci peut conduire le mineur en des lieux
qui lui sont totalement étrangers et à être la proie
de réseaux. (Cette disposition peut donner lieu à des
«ping pong» comme cela a été le cas pour la
jeune congolaise ballottée entre Paris et Canton avant de pouvoir
bénéficier d’un vol direct vers son pays d’origine.)
- le danger d’être renvoyés dans leur pays d’origine,
lorsqu’ils n’y ont pas de famille ou que leur vie est exposée
et que l’administration ne peut garantir qu’ils seront pris
en charge par leur famille ou les services capables de les protéger
convenablement.
La Défenseure des Enfants, par
ailleurs, ne peut que désapprouver les conditions de contention
souvent employées lors de l’embarquement et du voyage de
ces mineurs. Elle rappelle que ses services ont été conduits,
en 2004, à saisir à plusieurs reprises la Commission nationale
de déontologie de la sécurité pour des violences
commises sur des mineurs dans de telles situations.
Au-delà de la question particulière des enfants en zones
d’attente, la Défenseure des Enfants rappelle solennellement
que tout mineur étranger isolé se trouve, par définition,
dans une situation de danger objectif qui justifie pleinement sa prise
en charge par les autorités responsables de la protection de
l’enfance.
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