sommaire
communiqués
Anafé
(Association nationale d’assistance aux frontières pour
les étrangers)
Comité Tchétchénie Paris
Fédération Internationale des Ligues des Droits de l'Homme
(FIDH)
Communiqué
Une
famille Tchétchène, maintenue en zone d’attente,
a évité de peu un renvoi vers Moscou
Le ministère de l’intérieur joue t-il à la
roulette russe avec les demandeurs d’asile ?
Le 24 septembre 2004
L’Anafé, le Comité
Tchétchénie et la Fédération Internationale
des Ligues des Droits de l'Homme dénoncent le sort réservé
à une famille tchétchène qui a été
maintenue à Roissy en zone d’attente entre le 11 et le
23 septembre. Non seulement la famille T. a fait l’objet d’un
refus d’admission, sa demande ayant été considérée
manifestement infondée, mais elle a été présentée
au consulat de Russie pour faciliter le renvoi.
L’OFPRA et le ministère de l’intérieur leur
ont reproché de n’invoquer qu’une situation d’insécurité
généralisée sans aucun élément circonstancié.
Conclusions pour le moins stupéfiantes tant la situation en Tchétchénie
reste un sujet de préoccupation majeure en raison des violations
massives et systématiques des droits de l’Homme.
La famille T. a finalement été admise hier sur le territoire
français sur décision du juge mais nous nous inquiétons
de ces mesures et dénonçons la pratique inadmissible dans
le contexte actuel de présenter un ressortissant tchétchène
devant le Consulat de Russie.
Le ministère de l’Intérieur serait-il ignorant de
la situation des Tchétchènes en Fédération
de Russie pour envisager une telle présentation ? L’OFPRA,
qui depuis peu, est compétent pour donner un avis sur ces demandes
à la frontière, apprécierait-il différemment
les demandes des Tchétchènes à la frontière
ou sur le territoire ?
En effet, déjà au début de l’année
2003, deux Tchétchènes avaient fait l’objet de décisions
semblables de refus d’entrée. Ils avaient finalement été
admis sur le territoire et ils ont ensuite été reconnus
réfugiés par l’OFPRA.
Encore une fois des demandeurs sont soumis à la roulette russe
de l’asile à la frontière, dénoncée
par l’Anafé dans un rapport de novembre 2003.
Nous rappelons que l’examen du caractère manifestement
infondé ou non d’une demande d’asile ne devrait consister
à vérifier que de façon sommaire si les motifs
invoqués par le demandeur correspondent aux critères de
la Convention de Genève ou d’une autre forme de protection,
et non à un examen au fond qui nécessite des conditions
et des délais adéquats pour effectuer toutes les recherches
et investigations nécessaires.
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