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Communiqué
Une
mineure isolée congolaise retenue en zone d’attente et
menacée de renvoi
30
juillet 2004
L'Anafé
est vivement préoccupée par le sort de S., mineure congolaise
de 16 ans maintenue en zone d'attente depuis le 22 juillet. S. a été
déclarée majeure après un examen médical,
dit « test osseux », dont la validité est contestée
par de nombreux spécialistes. Sa demande d'entrée sur
le territoire au titre de l'asile a été considérée
comme manifestement infondée ce matin.
Cette décision est des plus surprenantes : en effet, la tante
et tutrice de S. s'est vu accorder le statut de réfugié
par l'OFPRA il y a 4 ans... car elle était l'épouse
du Maréchal-Président Mobutu. Après que celui-ci
ait été chassé du pouvoir, son épouse
a trouvé refuge avec ses enfants et sa nièce, dans un
premier temps au Tchad. Au décès de Mobutu, elle a quitté
le Tchad pour le Cameroun puis le Maroc avant d'arriver en France.
Elle avait du laisser au Tchad certains des enfants, dont S. qui tente
aujourd'hui de la rejoindre.
Une fois de plus un mineur isolé est maintenu en zone d’attente
… une fois de plus il est prévu de l’éloigner,
après un examen sommaire de sa situation, vers une destination
qu’il a quittée car il craignait pour sa vie et sa sécurité.
Depuis
la mise en place de la nouvelle loi visant à officialiser le
maintien des mineurs étrangers isolés qui se présentent
aux frontières françaises en instituant la présence
des administrateurs ad hoc auprès des mineurs, les renvois
forcés des mineurs isolés se succèdent. L’histoire
de la jeune S. montre bien que la solution trouvée il y a quelques
mois au cas d’une petite congolaise de huit ans désireuse
de retrouver sa famille, n’était qu’une exception.
L’Anafé réclame la libération systématique
des mineurs isolés qu’elle rencontre en zone d’attente.
Dans la quasi totalité des cas, on lui oppose l’argument
des « faux papiers » et du doute systématique.
Or, pour l’Anafé, ce doute devrait toujours profiter
au mineur et « l’intérêt supérieur
de l’enfant » ne peut en aucun cas être sauvegardé
par un renvoi dans un pays qu’il vient de quitter précipitamment.
De plus, c’est au juge, dans le cadre d’une mesure de
protection du mineur, et non aux services de police d’apprécier
la réalité des faits.
Se référant aux engagements internationaux de la France
(Convention internationale des Droits de l’enfant et Convention
de Genève relative au statut des réfugiés) l’Anafé
considère que « dès lors qu’un mineur étranger
se présente seul, une situation de danger doit être présumée
». C’est pourquoi la libération du mineur doit
être automatique afin qu’il puisse bénéficier
du dispositif de protection de l’enfance prévu par la
loi française.
Nous
apprenons que cette jeune fille a subie une tentative de renvoi le
samedi vers 4h00 du matin, tentative annulée vers 10h00 certainement
en raison du référé-liberté déposé
au tribunal de Cergy Pontoise à l'initiative de l'Anafé.
Le
tribunal administratif de Cergy a libéré la jeune fille
lundi dans la journée.