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Communiqué
Un
mineur isolé congolais menacé de renvoi
30 juin 2004
L’Anafé est vivement préoccupée par le
sort du jeune D., ressortissant congolais âgé de 14 ans,
placé en zone d’attente depuis hier 29 juin à
Roissy Charles de Gaulle. Son renvoi, initialement programmé
hier soir, a été reporté au 1er juillet faute
de place dans l’avion. D. doit être réacheminé
à destination de Libreville (Gabon) – pays de provenance
- et non vers le Congo dont il est ressortissant.
D.
réside au Congo avec son grand-père et venait rejoindre,
pour les vacances, sa mère qui réside régulièrement
en France et qui l’attendait à l’arrivée
de l’avion. Le lien de filiation n’est pas remis en cause.
Il s'est fait arrêter et refuser l’entrée en France
par la police aux frontières, malgré un passeport et
un visa valides. Il n’a pas compris le motif de ce refus. D’après
la police, « ses déclarations ne correspondent pas au
motif de son voyage ».
Dès
qu’elle a eu connaissance de cette situation, l’Anafé
a saisi le Président du Tribunal pour Enfants de Bobigny et
le parquet des mineurs, et elle a informé le Président
des audiences du 35 quater du tribunal de Bobigny, la Défenseure
des enfants et l’administrateur ad hoc. Or celui-ci, qui aurait
dû être désigné, en application de la loi,
pour assurer la représentation du mineur, ne l’était
toujours pas 24 heures après la notification du refus d’entrée
opposé à D. Si l’enfant avait été
renvoyé hier soir comme prévu, il n’aurait à
aucun moment été en contact avec l’autorité
chargée de faire respecter la protection spécifique
due aux mineurs isolés par la loi française.
Depuis
la mise en place de la nouvelle loi visant à légaliser
le maintien des mineurs étrangers isolés qui se présentent
aux frontières françaises en instituant la présence
des administrateurs ad hoc, l’Anafé constate que les
renvois forcés de mineurs se succèdent.
L’Anafé
réclame la mise en liberté du jeune D. et rappelle que,
quelles que soient les circonstances, un mineur étranger isolé
doit être présumé mineur en danger. A ce titre,
il doit bénéficier du dispositif national de protection
de l’enfance. En aucun cas, un renvoi forcé ne peut sauvegarder
« l’intérêt supérieur de l’enfant
» dont la Convention internationale des droits de l’enfant
prescrit la prise en considération dans toutes les décisions
prises par l’administration.