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Communiqué
Une nouvelle foi une mineure étrangère isolée,
retenue en zone d’attente,
est menacée de renvoi
Le
2 juin 2004
L’Anafé
est vivement préoccupée par le sort de C., petite fille
haïtienne isolée de 12 ans maintenue en zone d’attente
par la Police aux Frontières depuis le 27 mai et qui doit être
réacheminée cet après-midi vers Haïti. Sa
mère et son beau-père, que l’Anafé a rencontrés,
vivent pourtant en France depuis quatre ans, et y séjournent
régulièrement.
C. vivait jusqu’ici en Haïti avec son père, mais
les récents évènements ont convaincu celui-ci
que sa fille ne devait plus rester en Haïti plus longtemps pour
des motifs de sécurité, et il a choisi de l’envoyer
rejoindre sa mère. A cause de faux papiers, elle a été
arrêtée à la frontière puis placée
en zone d’attente malgré son jeune âge. C. a 12
ans et dispose d’un acte de naissance confirmant ses dires.
Pourtant la Police aux Frontières affirme que la petite fille
a 17 ans, au vu du résultat d’un test osseux.
Devant le juge chargé d’apprécier le maintien
en zone d’attente de C., sa mère n’a pu produire
à temps l’acte de naissance de sa fille. Aujourd’hui
elle en dispose, mais ne peut faire appel de a décision de
maintien de sa fille, puisque l’administration a attribué
à celle-ci un administrateur ad hoc, seul représentant
légal de C.
Le Président du Tribunal pour Enfants de Bobigny a été
saisi mais la Police aux Frontières a refusé de suspendre
le réacheminement de l’enfant pour lui laisser le temps
de se prononcer sur les liens de filiation entre C. et Mme M.
Une fois de plus un mineur isolé est maintenu en zone d’attente
… une fois de plus il va être éloigné vers
une destination qu’il a quitté car il craignait pour
sa vie et sa sécurité.
Depuis
la mise en place de la nouvelle loi visant à officialiser le
maintien des mineurs étrangers isolés qui se présentent
aux frontières françaises en instituant la présence
des administrateurs ad hoc auprès des mineurs, les renvois
forcés des mineurs isolés se succèdent. L’histoire
de la petite C. montre bien que la solution trouvée au cas
d’Aicha, le mois dernier, n’était qu’une
exception.
L’Anafé réclame la libération systématique
des mineurs qu’elle rencontre en zone d’attente. Dans
la quasi totalité des cas, on lui oppose l’argument des
« faux papiers » et du doute systématique. Or,
pour l’Anafé, ce doute devrait toujours profiter au mineur
et « l’intérêt supérieur de l’enfant
» ne peut en aucun cas être sauvegardé par un renvoi
dans un pays qu’il vient de quitter précipitamment. De
plus, c’est au juge, dans le cadre d’une mesure de protection
du mineur, et non aux services de police d’apprécier
la réalité des faits.
Se référant aux engagements internationaux de la France
(Convention internationale des Droits de l’enfant et Convention
de Genève relative au statut des réfugiés) l’Anafé
considère que « dès lors qu’un mineur étranger
se présente seul, une situation de danger doit être présumée
». C’est pourquoi la libération du mineur doit
être automatique afin qu’il puisse bénéficier
du dispositif de protection de l’enfance prévu par la
loi française.
17h
nous apprenons que la jeune C. vient d’être éloigné.