sommaire des communiqués
Situation aux frontières ; de nombreux points noirs
ANNEXE
03/10/2003
— En recevant les préfets le 26 septembre 2003, le ministre
de l'Intérieur Monsieur Nicolas Sarkozy s'est référé
à la zone d'attente de Roissy et s'est félicité
que « des mesures fermes se traduisent toujours par des résultats
». Au sujet des reconduites à la frontière, il
a indiqué aux préfets que des objectifs chiffrés
leur seraient fixés, sachant que « l'objectif national
est de les multiplier par deux à court terme ».
A
l'occasion de la discussion concernant le projet de Convention permettant
l'accès à la zone de Roissy, l'ANAFE tient à
rappeler au ministre que la diminution des étrangers maintenus
en zone d'attente ne saurait être analysée sous le seul
angle du « résultat » obtenu et à lui faire
part de ses préoccupations quant au traitement des étrangers
- et notamment des demandeurs d'asile - à la frontière
et en amont. Ainsi, si le nombre des étrangers maintenus en
zone d'attente est en baisse régulière pour les années
2002 et 2003 (en 2002, baisse de 10 %, 20800 contre 23072, et baisse
de 25 % des demandeurs d'asile, 7786 contre 10364), il convient de
souligner :
1.que les mesures prises pour limiter les arrivées aux frontières
et l'accès au territoire sont de plus en plus nombreuses :
accords de réadmission, multiplication des visas de transit
aéroportuaire, généralisation des « contrôles
passerelle » ;
2.que l'interprétation de la notion de demande manifestement
infondée est de plus en plus restrictive avec un taux d'admission
sur le territoire « au titre de l'asile » en baisse :
aux alentours de 20 % entre 2000 et 2002, 3 % en mars 2003 ;
3.que les charters, utilisés pour la première fois en
France en 2003 aux étrangers maintenus aux frontières,
vont se développer aux niveaux national et européen
alors que les étrangers refoulés dans ces conditions
n'ont droit qu'à un examen rapide de leur situation, sans recours
suspensif en cas de rejet ;
par
ailleurs,
1.pour les mineurs non accompagnés, le décret du 2 septembre
2003 concernant les administrateurs ad hoc ne tient nullement compte
des principales recommandations de l'ANAFE ou de la CNCDH notamment
en ce qui concerne l'accès automatique sur le territoire et
les critères de désignation des administrateurs ad hoc
;
2.des personnes sont de plus en plus souvent inquiétées
lorsqu'elles cherchent à venir en aide à des étrangers
en difficulté et à leur témoigner une solidarité
à l'intérieur même de l'avion en cas de renvoi
forcé ;
3.le contenu du projet de loi relatif à l'immigration a fait
l'objet de nombreuses réserves de l'ANAFE sur les modifications
apportées au fonctionnement des zones d'attente : jour franc,
délocalisation du TGI… ; en revanche, le recours suspensif
contre les refus d'accès au territoire n'est toujours pas prévu
dans la réforme ;
dans
les travaux menés au niveau de l'Union européenne pour
fixer des « normes minimales » de procédure, la
France s'efforce d'obtenir que les garanties contenues dans la proposition
de directive en cours de discussion ne s'appliquent pas à la
procédure à la frontière.