Avocats
pour la Défense des Droits des Etrangers, Amnesty International
France,
Association Nationale d'Assistance aux Frontières pour les Étrangers,
European Legal
Network for Asylum, Groupe d'Information et de Soutien des Immigrés,
Ligue des
Droits de l'Homme, Syndicat des Avocats de France, Syndicat de la Magistrature
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Communiqué de presse
E À NO
LE
DROIT D’ASILE À NOUVEAU BAFOUÉ
24 janvier
2010 - Les organisations soussignées dénoncent
l'arrestation et les mesures d'expulsion (reconduite à la frontière)
prises à l'encontre de la centaine d’exilés débarqués
le 22 janvier à Bonifacio (Corse).
Dès
leur prise en charge dans un gymnase de la ville réquisitionné,
ils ont été détenus, sans pouvoir recevoir de visite,
hormis les personnes introduites par la police pour une assistance humanitaire,
jusqu'à leur transfert – certains d’entre eux menottes
aux mains - par autocar le lendemain, 23 janvier, vers des avions qui
les ont conduits dans des centres de rétention administrative
(CRA) – éparpillés sur le continent, où ils
étaient toujours privés de liberté. Les demandeurs
d'asile ont droit au séjour provisoire le temps qu'il soit répondu
à leur demande. La France est signataire de la Convention de
Genève sur les réfugiés, qui la lie, et interdit
les mesures de renvoi dans leur pays d'origine qui ont pourtant été
immédiatement prononcées.
Non
seulement les intéressés ont été abusivement
détenus sous le régime de la rétention administrative,
mais les conditions de cette rétention, comme les conditions
et la durée des transferts vers le continent, les ont mis dans
l’incapacité d’exercer correctement les droits qui
leurs sont en théorie concédés dans cette situation:
notification des décisions dans une langue comprise, possibilité
de rencontrer un avocat ou une association, d'exercer des recours...
Il
apparaît dans cette affaire, et une fois de plus, que la précipitation
de l'administration à décider d'éloigner des demandeurs
d'asile avant d'enregistrer leur requête visait à les condamner
à une procédure inéquitable, dite « prioritaire
», ce qui constitue un véritable détournement de
la loi.
Comment, en effet, expliquer en toute clarté, avec toutes preuves
utiles, les risques encourus dans son pays d'origine et les raisons
de le fuir, en situation d'internement, dans un délai obligatoire
de cinq jours, sans l'assistance d'interprètes... Cela relève
de la science-fiction.
Ces
illégalités sont d’autant plus graves qu’elles
concernent aussi des enfants, pareillement détenus, et auxquels
une protection et une attention spécifiques sont dues en application
de la loi et des engagements internationaux de la France.
Le
droit d'asile est un droit fondamental ; la France a choisi de le bafouer.
Les
organisations signataires demandent par conséquent la mise en
liberté immédiate des demandeurs d’asile transférés
de Corse, et leur prise en charge dans le cadre de la procédure
normale applicable, impliquant normalement leur hébergement et
accompagnement dans des centres d’accueil pour demandeurs d’asile.
C'est
d'ailleurs ce que viennent de décider les juges de Nîmes
et de Rennes, en refusant de prolonger leur rétention, sanctionnant
ainsi qu'il fallait s'y attendre l'action illégale de l'administration.
SIGNATAIRES:
L'ADDE, Amnesty International France, L'ANAFÉ, European Legal
Network for Asylum (ELENA), Le GISTI, La LDH, Le SAF, Le SM
U BA
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