|
Version
PDF [ KB]
Communiqué
Expulsion collective d’Afghans : La justice française
constate son illégalité
Dans une ordonnance du 14 décembre 2009, la Cour d’appel
de Douai a affirmé qu’il était illégal de
reconduire à la frontière des étrangers pour lesquels
l’Etat dont ils ont la nationalité n’a pas délivré
de laissez-passer. Tel est bien le cas des Afghans que la France veut
expulser ce soir dans un « charter » organisé avec
le Royaume-Uni.
A propos de son maintien en rétention, l’un des Afghans
a contesté, avec l’aide de la Cimade, la légalité
d’un prolongement de 5 jours à Coquelles près de
Calais. Le juge des libertés et de la détention de Boulogne-sur-Mer
lui avait donné satisfaction, le 12 décembre. Mais, sur
instruction du ministère de l’Immigration, le procureur
de Boulogne a fait appel de cette remise en liberté.
C’est ainsi que la Cour d’appel de Douai a été
amenée, le 14 décembre, à affirmer que la loi «
n’autorise une prolongation supplémentaire [de la rétention]
de 5 jours qu’en cas de certitude de la délivrance du laissez-passer
par le consulat du pays dont relève l’intéressé
». « Il est établi, poursuit-elle, que ce consulat
a refusé le laissez-passer ». Et de conclure : «
La prolongation pour assurer l’éloignement implique nécessairement
que cet éloignement soit possible, c’est-à-dire
non seulement que l’intéressé puisse embarquer en
France mais aussi de n’être pas refoulé vers la France
par les autorités à l’arrivée ».
Cette position est évidemment valable pour l’ensemble
des Afghans actuellement en instance d’éloignement, aucun
laissez-passer n’ayant été délivré
par le consulat afghan.
Dans ces conditions, le gouvernement violerait délibérément
la loi s’il s’obstinait dans sa décision.
Après avoir foulé aux pieds les droits fondamentaux les
plus élémentaires en organisant l’expulsion programmée
aujourd’hui à destination de l’Afghanistan qui est
un pays où n’existe aucune sécurité dans
aucune de ses régions, y compris à Kaboul (encore un attentat
meurtrier ce 15 décembre en plein centre-ville), le gouvernement
va-t-il ajouter l’illégalité à son cynisme
?
Fait à Paris, le 15 décembre 2009
|