Violence
en zone d'attente : jusqu’où ira la machine à expulser
?
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28
mai 2009
Arrivé en France le 8 mai, M. a été, comme beaucoup,
enfermé dans la zone d’attente de l'aéroport de
Roissy CDG le temps de l'instruction de la demande d'asile qu'il a présentée
dès son arrivée à la frontière. Comme souvent,
celle-ci a été rejetée, sans qu'il ait pu former
recours. Il devait être mis en liberté ce 28 mai. Mais
M. a été expulsé juste avant.
Le court séjour de M. en France résume l'inhumanité
de la zone d'attente.
Pour avoir refusé plusieurs tentatives de refoulement en quelques
jours, M. a subi des violences policières, dont les traces ont
été constatées par un médecin. Il en a témoigné
le 11 mai auprès de l'Anafé, qui a signalé les
faits au Parquet : " jeté au sol, il aurait reçu
des coups aux pieds, aux mains, au dos et à la tête. Parmi
les sept agents présents, certains auraient tiré les bras
de l’intéressé en arrière, et alors qu’ils
l’auraient maintenu à plat ventre, les agents de police
lui auraient tapé la tête contre le sol. Ces agissements
occasionnant des marques sur ces parties de son corps, et des douleurs
qu'il ressent encore aujourd’hui, notamment à l'oreille
gauche et aux poignets, encore marqués par les menottes qu’il
portait". Mais la justice n'a rien voulu voir : le premier juge
devant lequel il a été présenté n'a pas
voulu ordonner sa mise en liberté, malgré les contusions
visibles sur son corps et le certificat médical produit. Pas
plus que le second, qui a pourtant relevé qu'il avait subi des
violences.
A l'Anafé, M. a aussi raconté les souffrances du voyage,
plusieurs semaines d'errance entre l'Espagne et le Maroc avant d'arriver
en France. Il a dit son grand désarroi et sa peur d'être
renvoyé. Le 26 mai, Daniel Cohn-Bendit, parlementaire européen,
et Noël Mamère, député, en visite dans la
zone d’attente de Roissy, se sont longuement entretenus avec lui
et ont constaté sa détresse : il dit avoir subi des "violences
policières quand il a
atterri" en France, a rapporté Daniel Cohn-Bendit, ajoutant
que M. était "complètement abattu ».
Le
lendemain, pour éviter une nouvelle tentative d’expulsion,
M. s'est tailladé le corps à l’aide du néon
de sa chambre. D'abord transféré au service médical,
il a été placé ensuite à l'isolement. Puis
refoulé sans que quiconque puisse intervenir.
Violences, acharnement et course contre la montre : jusqu'où
ira la machine à expulser ?
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