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Notre action

 

L'Association nationale d'assistance aux frontières pour les étrangers a été créée en 1989 afin de fournir une aide à caractère juridique et humanitaire aux étrangers en difficulté aux frontières françaises . Depuis le milieu des années 80, dans le cadre d'une politique de contrôle plus strict des flux migratoires, les Etats européens ont développé un certain nombre de mesures et de pratiques destinées à lutter contre l'immigration irrégulière. Parmi ces dispositions, nombreuses sont celles qui ont trait aux conditions d'accès au territoire : généralisation de l'exigence des visas, amendes aux compagnies aériennes, etc.

En France, certaines des conséquences les plus manifestes sont constatées aux frontières aériennes, terrestres et maritimes. Des milliers d'étrangers qui souvent ignorent la réglementation se voient refuser l'entrée sur le territoire et sont maintenus en zone d'attente pendant plusieurs jours, voire plusieurs semaines, dans des conditions difficiles et, jusqu'en juillet 1992, sans aucun texte légal. Témoins à plusieurs reprises de situations inadmissibles, plusieurs organisations professionnelles, de personnel au sol ou navigant, prirent contact en 1988 avec des organisations de défense des droits de l'homme pour échanger ces informations et se concerter en vue d'actions communes. Ce groupe informel se structura en 1989 et prit le nom d'Anafé. Son action a conduit le Ministère de l'intérieur à légiférer pour donner une base légale au maintien des étrangers en zone d'attente par le biais de la loi du 6 juillet 1992.

L'action principale de l'Anafé est de veiller au respect des droits des étrangers qui se présentent aux frontières. Ceux-ci doivent non seulement être traités avec dignité, mais sur la base de règles claires, qui devraient comporter l'accès à des voies de recours effectives. L’Anafé cherche en permanence à dialoguer avec les pouvoirs publics pour faire respecter et progresser ces droits.

Témoignage auprès de l’opinion publique
Un objectif essentiel de l'Anafé est de témoigner auprès de l’opinion publique de la situation aux frontières. Cela est possible grâce à des visites effectuées dans les zones d’attente et aux informations recueillies auprès des étrangers maintenus. La diffusion de ces témoignages est nécessaire pour que les différents intervenants dans la procédure d'admission sur le territoire soient sensibilisés et informés des difficultés matérielles et juridiques rencontrées par les étrangers aux frontières.

Droit de visite
L’accès des associations dans les zones d’attente est une des principales revendications de l’Anafé depuis sa création en 1989. En effet, cet accès est fondamental car il permet de rencontrer les étrangers maintenus et de témoigner des observations faites sur le terrain, de l’évolution des pratiques et des dysfonctionnements. Ces visites permettent de dialoguer avec les représentants des divers services présents (PAF, OFPRA, Croix-Rouge Française, ANAEM, service médical).

Une étape a été franchie à la suite de la publication du décret du 2 mai 1995 déterminant les conditions d'accès du délégué du Haut-commissariat des Nations Unies pour les réfugiés (HCR) et de certaines associations humanitaires (désormais articles R. 223-1 et suivants du CESEDA). Les associations habilitées à proposer des représentants en vue d'accéder en zone d'attente ont longtemps été au nombre de huit : Amnesty International Section Française, Anafé, Cimade, Forum réfugiés, France Terre d’asile et MRAP et deux associations non membres de l’Anafé, la Croix-Rouge française et Médecins sans frontières.

Ce décret encadrait fortement ces visites : chaque association disposait de dix cartes de visiteurs mais ne pouvait effectuer au plus que huit visites par an et par zone d'attente. Le décret prévoyait également un maximum de deux personnes par visite, des horaires de visite (entre 8h et 20h), et l’obligation de solliciter une autorisation préalable du Ministère de l'intérieur. Cet accès était insatisfaisant également parce que restreint à un nombre limité d’associations. De nouvelles associations ont à leur tour posé leur candidature (l'Association des personnels de santé réfugiés - APSR, le Groupe accueil et solidarité - GAS, le Gisti, la Ligue des droits de l'homme et Médecins du Monde).

Ce n’est qu’en décembre 2005 que le Conseil d’Etat a censuré les refus du Ministère de l’intérieur d’habiliter d’autres associations à effectuer des visites dans les zones d’attente. Anticipant sur ce nouveau revers contentieux, le gouvernement a modifié le 30 mai 2005 le décret du 2 mai 1995. Ce texte a supprimé la limitation du nombre de visites et a précisé que « tout refus d'habilitation doit être motivé au regard notamment du nombre d'associations déjà habilitées ».


Un arrêté daté du 30 mai 2006 a finalement élargi l’habilitation à treize associations :
- dix membres de l’Anafé : Association d'accueil aux médecins et personnels de santé réfugiés en France (APSR) ; Amnesty International France ; Anafé ; CIMADE ; France Terre d'asile ; Forum réfugiés ; Groupe accueil et solidarité (GAS) ; Groupe d'information et de soutien des immigrés (GISTI) ; Ligue des droits de l'homme ; Mouvement contre le racisme et pour l'amitié entre les peuples (MRAP)
- et trois associations non membres de l’Anafé : Croix-Rouge française ; Médecins sans frontières (MSF) ; Médecins du monde.

Accès permanent à la zone de Roissy
Depuis sa création en 1989, l’Anafé demandait à pouvoir accéder aux zones d’attente pour apporter une aide juridique aux étrangers maintenus. La loi Quilès de 1992 n’a que très partiellement répondu à ses revendications ; elle prévoit un droit d’accès réduit pour certaines associations et le HCR. Certaines autorités sont certes également autorisées à visiter la zone d’attente mais utilisent rarement cette possibilité en pratique (parlementaires, juges des libertés et de la détention, procureur de la République).
Parallèlement à ces visites, l’Anafé a mis en place en 2000 une permanence téléphonique afin de tenter d’une part de venir en aide aux étrangers maintenus, d’autre part de réunir des informations sur la zone d’attente.
Cette même période a marqué le début d’une nette dégradation des relations entre l’Anafé et les pouvoirs publics, due notamment au silence – proche parfois du mépris – opposé par les autorités aux signalements par l’Anafé de certains graves dysfonctionnements et à la mise en doute quasi systématique des témoignages des visiteurs ou des propos recueillis par le biais de la permanence téléphonique. Dès que des fonctionnaires étaient mis en cause, les conditions de visites se trouvaient restreintes. Cet état de fait a conduit l’association à organiser des campagnes publiques pour dénoncer les nombreuses illégalités constatées dans la zone d’attente de Roissy Charles de Gaulle (Roissy CDG).
Deux conférences de presse, suivies à l’automne 2001 par un colloque rassemblant plus de deux cent cinquante participants, ont contribué à la reprise d’un dialogue, interrompu depuis plusieurs mois, entre le Ministère de l’intérieur et l’Anafé. Un certain nombre de propositions de l’Anafé ont été discutées au cours de rencontres régulières organisées à partir de la fin 2001 :
- mise en place de réunions trimestrielles – plutôt que d’une réunion annuelle comme le prévoit le décret du 2 mai 1995 – entre les ministères concernés, la police aux frontières (PAF), l’office des migrations internationales (OMI) et les associations habilitées à visiter les zones d’attente ;
- rédaction d’un document d’information traduit dans plusieurs langues pour les personnes maintenues ;
- amélioration des conditions d’accès aux soins médicaux.
A cette occasion, l’Anafé a rappelé l’une de ses principales revendications : l’accès permanent en zone d’attente pour les associations. Le Ministère de l’intérieur a alors accepté une expérience d’un mois de présence dans la zone de Roissy-Charles de Gaulle en mars 2003. Un document-cadre, définissant les conditions de ces interventions quotidiennes au cours de cette période a été élaboré entre le Ministère de l’intérieur et l’Anafé. Il a été décidé que ces visites s’effectueraient hors du quota des huit visites annuelles de chacune des associations habilitées fixées par le décret du 2 mai 1995. Au terme de cette première expérience, l’Anafé a publié un rapport décrivant les nombreux dysfonctionnements de la zone d’attente et démontrant le bien-fondé de sa revendication .

L'Anafé a ensuite repris les négociations avec le Ministre de l'intérieur. Une première convention de six mois permettant un accès permanent de l'Anafé en zone d'attente de Roissy CDG a finalement été signée le 5 mars 2004. Elle permet à une équipe de quinze personnes d’intervenir à tout moment dans le lieu d’hébergement de la zone d’attente (ZAPI 3) et de se rendre deux fois par semaine dans les aérogares, afin de fournir une assistance juridique aux étrangers qui y sont maintenus. Les intervenants en zone d’attente bénéficient d’une formation juridique et d’un suivi de la part de l’association.

Cette convention est renouvelée tous les ans. Depuis 2005, les visites en aérogares ont été élargies à trois fois pas semaine.


Une permanence téléphonique
L'Anafé a mis en place une permanence téléphonique à l’automne 2000, accessible du lundi au vendredi, afin de répondre aux sollicitations des étrangers ou de leurs proches, de fournir une assistance juridique, de les conseiller et éventuellement d'intervenir en leur faveur auprès des autorités. Compte tenu de l'impossibilité de rencontrer librement les étrangers dans les zones, les associations n’étant autorisées à s’y rendre que sous de nombreuses conditions, il a été décidé d’assurer une assistance juridique par téléphone. La permanence téléphonique a été conçue avec un numéro unique, trois associations membres de l’Anafé l’assurant en alternance dans leurs locaux (Amnesty International, Ligue des droits de l’homme et Gisti). Elle est maintenue jusqu’à ce jour alors même que l’Anafé est maintenant présente dans la zone d’attente de Roissy CDG. Elle permet d’offrir une assistance aux personnes qui se trouvent dans d’autres zones d’attente et de seconder la permanence de Roissy.

Au niveau de l’Union européenne
Compte tenu du rapprochement des politiques d’asile et d’immigration au niveau de l’Union européenne, notamment pour ce qui concerne la gestion des frontières, l'Anafé s’est intéressée aux systèmes législatifs et aux pratiques des autres Etats membres. Des échanges se sont développés avec des associations européennes. En 2003, l’Anafé a adhéré au réseau de militants et chercheurs Migreurop, qui s’est constitué en association en 2005. L’objectif de cette association est de faire connaître la généralisation de l’enfermement des étrangers dépourvus de titre de séjour et la multiplication des camps, qui tend à s’imposer comme un outil clé de la politique migratoire de l’Union.

Actualités sur la zone d'attente

Le nombre de personnes déclarées non-admises aux frontières françaises est en baisse régulière ces dernières années : de 23 072 personnes non-admises en 2001 à 17 681 en 2007.
Le nombre de placements en zone d’attente quant à lui reste constant : de 16 736 personnes placées en zone d’attente en 2005 à 16 318 en 2007.

Il est intéressant de noter que de très nombreuses personnes déclarées non-admises aux frontières ne sont pas placées en zone d’attente, notamment certaines nationalités comme les algériens, chinois, marocains ou congolais. Ces personnes sont réacheminées immédiatement.
En 2007, 92% des personnes ont été déclarées non-admises en métropole et 8% outre-mer.
Les principaux motifs de non-admissions en 2007 sont : le défaut de visa, l’absence de justificatif touristique, l’absence de ressources, l’absence d’attestation d’accueil, les documents étrangers falsifiés, l’absence de tout document, l’usurpation d’identité et les titres de séjour contrefaits.
En 2007, 1543 personnes ont été placées en zone d’attente suite à un transit interrompu. Le principal motif de placement en zone d’attente est un défaut de visa (1400).

Le nombre de demandeurs d’asile a également chuté ces dernières années, passant de 10 364 en 2001 à 2727 en 2006. En 2007, le nombre de demandes d’asile à la frontière a nettement augmenté en passant à 4773 demandes suite à une forte arrivée de ressortissants tchétchènes fin 2007 et une augmentation des demandes de ressortissants irakiens, somaliens, palestiniens, sri lankais et indiens.

En 2007, environ 96 % des demandes d’asile aux frontières sont enregistrées dans la seule zone de l'aéroport de Roissy (4663 demandes). 84 demandes ont été déposées à Orly en 2007.
Dans les ports et en province, selon les chiffres fournis par le Ministère de l’Immigration, presque aucune demande n’est enregistrée : il y en avait à peine 20 en 2003, 26 en 2004, 12 en 2005 et 1 en 2006. Pour l’année 2007 : 7 à l’aéroport de Lyon, 7 à l’aéroport de Marseille, 3 au port du Havre, 3 à l’aéroport de Toulouse Blagnac, 3 à l’aéroport de Bordeaux Mérignac, 1 à l’aéroport de Strasbourg-Entzheim, 1 au port de Marseille et 1 à Fort de France.

Le taux d’admission des demandeurs d’asile à la frontière avait subi une forte baisse dans les années 2003-2004 atteignant jusqu’à 3.8 % d’admission sur le territoire (96.2% de refus). Puis le taux est remonté pour atteindre 44.6% en 2007.

L’augmentation du taux d’admission en 2007 provient principalement du fait que l’essentiel des avis positifs concernent des personnes en provenance de zone de conflit : russe d’origine tchétchène (87%), irakiens (92%), sri lankais (84%) et somaliens (56%).

Même si le taux d’admission a augmenté, l’Anafé reste extrêmement vigilante compte tenu de la rapidité de la procédure d’examen des demandes d’asile et des procédures de renvoi des demandeurs déboutés. En effet, selon les chiffres fournis par le ministère de l'Intérieur, en 2007, 92% des demandes d’asile étaient instruites en moins de 4 jours (contre 86% en 2006). Cette accélération permet de traiter une demande d'asile en seulement quelques jours, ce qui ne peut qu'entraîner une diminution des garanties pour le demandeur. Ce délai rend en effet très difficile l'exercice des droits que la loi lui réserve, à savoir trouver et contacter un avocat, une association ou les membres de sa famille et s'entretenir avec eux.

Depuis l’arrêt Gebremedhin du 26 avril 2007 et la publication de la loi sur l’immigration du 20 novembre 2007, un recours suspensif a été introduit pour les demandeurs d’asile. L’Anafé a critiqué à plusieurs reprises les modalités de mise en œuvre de ce recours qu’elle considère non effectif (délai de recours trop bref, obligation de motivation de la requête et rejet par ordonnance, problème d’interprétariat, voies de recours non suspensives et assistance tardive de l’avocat).
Concernant l’introduction du nouveau recours pour les demandeurs d’asile, du 20 novembre 2007 au 26 janvier 2008 : 152 requêtes ont été audiencées et 17 rejetées au tri. Sur ces 152 requêtes audiencées : 95 ont été rejetées, 18 ont donné lieu à une annulation et 13 à un non lieu à statuer (les autres requêtes étaient en cours).

Le faible taux d’admissions sur le territoire de mineurs demandeurs d’asile reste inquiétant et l’Anafé en fait depuis plusieurs années un de ses axes de travail.

L’Anafé s’inquiète de la volonté du gouvernement de favoriser le contrôle des flux migratoires au détriment de la protection et de l’accueil des étrangers et en particulier des demandeurs d’asile. La multiplication de mesures prises, au cours des dernières années, pour limiter les arrivées aux frontières et l’accès au territoire renforce gravement cette tendance :

- L’instauration de visas de transit aéroportuaire (VTA) pour les ressortissants d’un nombre de pays toujours plus important. La possession de ce visa permet d'attendre une correspondance dans la zone internationale de l'aéroport mais n'autorise pas l'entrée sur le territoire de l’Union européenne. Difficile à obtenir, il ne permet plus aux passagers, pourtant en simple transit, de voyager sans son obtention préalable. Depuis quelque temps, la mise en place des VTA se multiplie et rend plus difficile l'accès au territoire pour les ressortissants de 36 pays dans lesquels les violations des droits de l’homme sont pourtant fréquentes.

- La mise en place d’officiers de liaison. Lorsqu’ils sont affectés dans des aéroports étrangers, ces fonctionnaires français peuvent effectuer un contrôle des documents des passagers après les contrôles effectués par les autorités du pays concerné et recueillent des informations.

- La mise en place d’un programme européen sous l’égide de Frontex (Agence européenne pour la gestion de la coopération opérationnelle aux frontières extérieures des États membres de l'Union européenne) vise à contrôler l’arrivée de personnes et à renforcer les contrôles des frontières extérieures.

L’opération Amazon II visait l’immigration sud-américaine. Entre le 19 février et le 9 mars 2006, 29 agents des polices aux frontières de France, Allemagne, Italie, Pays-Bas, Portugal, Espagne et UK ont été déployés dans 8 aéroports : Madrid, Barcelone, Rome, Francfort, Lisbonne, Milan, Paris et Amsterdam. Plusieurs policiers grecs, roumains, bulgares et polonais ont été conviés afin d’observer. Pendant les 3 premiers jours de l’opération, 250 cas ont été repérés. La coopération policière est encouragée par l’Union européenne.
En avril 2007, le parlement européen a adopté un rapport ouvrant la possibilité de créer une “ brigade d’intervention rapide en cas d’arrivée massive de migrants ” (RABIT). Cette équipe serait composée d’experts nationaux qui pourraient apporter une assistance technique et opérationnelle. Notamment dans le cadre des opérations menées par Frontex, des gardes-frontières de différents pays européens pourront se déplacer pour contrôler l’arrivée des personnes.
D’ici quelques années, un corps européen de gardes-frontières devrait également être créé.

- Les sanctions aux transporteurs qui acheminent des étrangers démunis des documents requis ont été portées à 5 000 euros par la loi du 26 novembre 2003 (article L. 625-1 du CESEDA) ; de plus, les compagnies de transport sont incitées, notamment par la possibilité de réduire cette amende, à se doter de dispositifs leur permettant d’établir que “ les documents requis et ne présentant pas d’irrégularité manifeste leur ont été présentés lors de l’embarquement ”.

- La généralisation des “ contrôles en porte d’avion ” permettant de diminuer le nombre d’étrangers qui ne pourraient être éloignés si leur provenance était inconnue, mais aussi de contrôler les personnes qui souhaiteraient à bon droit profiter de ce transit pour solliciter leur admission sur le territoire au titre de l’asile. Selon un rapport du Sénat, “ en 2005, les contrôles à la descente des avions sur les lignes les plus sensibles ont été systématisés : 14924 vols ont ainsi été contrôlés et 8154 étrangers en situation illégale au regard des règles d’entrée sur notre territoire détectés ” .

- L’interprétation large de la notion de demande d’asile manifestement infondée qui se traduit par un faible taux d’admission sur le territoire “ au titre de l’asile ”, même s’il a augmenté depuis quelques années.

- La multiplication des procédures pénales à l’encontre des étrangers, et notamment des demandeurs d’asile ayant refusé d’embarquer, ultime moyen pour certains d’entre eux de ne pas être renvoyés vers le pays où ils craignent pour leur liberté, leur sécurité ou leur vie : l’étranger est passible d’une peine de prison et d’une interdiction du territoire français de plusieurs années .

- La mise en place progressive des visas biométriques : à titre expérimental, un décret de 2004 a créé un “ traitement automatisé des données à caractère personnel relatives aux ressortissants étrangers sollicitant la délivrance d’un visa ”, limité à sept postes consulaires , pour le relevé des données biométriques, et à sept postes frontières dont l’aéroport de Roissy pour la vérification de ces données.

- L’effectivité des refoulements et l’utilisation des escortes : l’accélération des procédures permet le renvoi des personnes avant le passage devant le juge des libertés et de la détention (4ème jour). Ces refoulements peuvent se faire avec escorte. En 2003, suite à la mort de deux étrangers expulsés, les méthodes d’escorte ont été davantage encadrées dans un document intitulé “ Instruction relative à l’éloignement par voie aérienne des étrangers en situation irrégulière ”. Le développement de l’unité d’escorte pour raccompagner les “ passagers récalcitrants ” peut également faire naître certaines craintes : de nombreux témoignages de violences policières parviennent aux associations.

- La multiplication des fichiers de police qui permettent à la police aux frontières (PAF) de renvoyer immédiatement des personnes (le système d’information sur les visas, le fichier national transfrontière, le fichier des passagers aériens, ICONET, le règlement SIS II, Eurodac, etc…).

 
 

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